Vos panneaux solaires produisent de l’électricité. Mais ils ne s’arrêtent pas quand vous quittez la maison pour aller travailler. En milieu de journée, quand les appareils sont à l’arrêt, la production continue. Cette énergie doit aller quelque part.
C’est exactement là que l’autoconsommation partielle entre en jeu. Vous consommez ce que vous pouvez, et le reste repart sur le réseau contre une rémunération. Un modèle simple, encadré par l’État, et adopté par l’écrasante majorité des particuliers qui installent des panneaux solaires aujourd’hui.
Ce guide vous explique comment fonctionne ce système, ce qu’il vous rapporte concrètement en 2026, et comment l’optimiser pour en tirer le maximum.
Le sommaire
Qu’est-ce que l’autoconsommation partielle avec revente du surplus ?
Définition courte : l’autoconsommation partielle désigne le mode de fonctionnement dans lequel un particulier équipé de panneaux solaires consomme en priorité l’électricité qu’il produit, et revend à un acheteur agréé (généralement EDF OA) la part qu’il n’a pas utilisée.
C’est une double valorisation de votre installation. Chaque kilowattheure consommé directement réduit votre facture. Chaque kilowattheure non consommé est revendu plutôt que gaspillé.
Ce modèle s’oppose à deux alternatives :
- L’autoconsommation totale : vous consommez tout ce que vous produisez, sans rien revendre. Le surplus non stocké est injecté gratuitement sur le réseau, ce qui représente une perte.
- La revente totale : vous vendez l’intégralité de votre production à EDF OA. Mais depuis le 28 mars 2025, ce modèle n’est plus accessible aux installations de 9 kWc ou moins. Et même au-delà, il est moins rentable qu’avant face à la baisse des tarifs de rachat.
En 2026, l’autoconsommation partielle avec revente du surplus est le modèle recommandé pour la grande majorité des particuliers.
Comment fonctionne la revente du surplus concrètement ?
Le fonctionnement est automatique une fois le système en place. Voici ce qui se passe, heure par heure.
La priorité va à votre logement
Votre logement utilise en priorité l’énergie solaire disponible en temps réel pour alimenter vos appareils : électroménager, chauffage, éclairage, chauffe-eau. Tant que la production couvre vos besoins, vous ne consommez rien sur le réseau.
L’excédent s’injecte automatiquement sur le réseau
Quand vos panneaux produisent plus que ce que vous consommez, l’excédent est injecté sur le réseau via votre compteur Linky. Ce compteur bidirectionnel mesure séparément ce que vous consommez du réseau et ce que vous y injectez.
Vous êtes rémunéré sur la base de vos injections
Ce surplus injecté est racheté dans le cadre d’un contrat d’obligation d’achat signé avec EDF OA, pour une durée de 20 ans à tarif fixe. Vous percevez un paiement périodique (trimestriel ou semestriel selon votre contrat) directement sur votre compte bancaire.
Quels sont les tarifs de rachat du surplus en 2026 ?
Définition courte : le tarif de rachat du surplus est le prix auquel EDF OA achète chaque kilowattheure d’électricité solaire injecté sur le réseau. Il est fixé par l’État et révisé chaque trimestre par la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE).
Pour le premier trimestre 2026, les tarifs en vigueur sont les suivants :
- Installation de puissance inférieure ou égale à 9 kWc : 0,04 euro par kWh
- Installation entre 9 kWc et 36 kWc : 0,0536 euro par kWh (environ 5,36 centimes)
- Installation entre 36 kWc et 100 kWc : 0,07306 euro par kWh
Ces chiffres peuvent sembler modestes. Et ils le sont, comparés au prix de l’électricité achetée sur le réseau, qui tourne autour de 0,20 à 0,25 euro par kWh en 2026. Un kilowattheure autoconsommé vaut donc cinq fois plus qu’un kilowattheure revendu. C’est pourquoi l’autoconsommation prime toujours sur la revente, et la revente ne concerne que le surplus qu’on ne peut pas consommer autrement.
Le tarif qui vous sera appliqué est celui en vigueur à la date de votre demande complète de raccordement. Il est ensuite fixé pour les 20 ans du contrat, avec une légère indexation annuelle pour les raccordements après novembre 2022.
La prime à l’autoconsommation : un bonus pour bien démarrer
En plus des revenus de revente, les installations en autoconsommation avec vente du surplus bénéficient d’une prime à l’autoconsommation versée par EDF OA. Cette aide réduit directement le coût de votre installation.
Pour le premier trimestre 2026, les montants sont les suivants :
- Installation de puissance inférieure ou égale à 9 kWc : 80 euros par kWc
- Installation entre 9 kWc et 36 kWc : 140 euros par kWc
- Installation entre 36 kWc et 100 kWc : 70 euros par kWc
Pour une installation de 6 kWc, cela représente 480 euros versés en une seule fois un an après la mise en service. Pour une installation de 9 kWc, la prime atteint 720 euros. Ce montant n’est pas imposable.
Attention : seules les installations qui optent pour l’autoconsommation avec revente du surplus y ont droit. L’autoconsommation totale sans revente n’y est pas éligible.
Combien rapporte concrètement la revente du surplus ?
La réponse dépend de votre installation, de votre région et de votre taux d’autoconsommation. Voici un exemple chiffré pour un cas courant.
Un foyer équipé d’une installation de 6 kWc, situé dans le centre de la France, produit environ 6 000 à 7 000 kWh par an. Avec un taux d’autoconsommation de 40 %, ce foyer consomme environ 2 600 kWh et revend environ 3 900 kWh.
- Économies sur la facture (kWh autoconsommés à 0,20 euro) : environ 520 euros par an
- Revenus de revente (3 900 kWh x 0,04 euro) : environ 156 euros par an
- Total annuel : environ 676 euros
Ce calcul illustre un point fondamental : les économies sur la facture pèsent trois fois plus que les revenus de revente. C’est pourquoi optimiser son taux d’autoconsommation est plus rentable qu’espérer davantage de surplus à revendre.
Comment optimiser son taux d’autoconsommation ?
En France, le taux d’autoconsommation moyen d’un foyer sans optimisation particulière se situe entre 30 et 40 %. Ce niveau s’explique par le décalage entre le pic de production (midi) et les pics de consommation (matin et soir). Sans adaptation, une part significative de l’énergie produite est injectée sur le réseau.
Avec quelques ajustements, il est possible d’atteindre 50 à 70 % de taux d’autoconsommation. Voici les leviers les plus efficaces.
Décaler ses consommations aux heures de production
Le principe est simple : programmer le démarrage du lave-linge, du lave-vaisselle ou du chauffe-eau en milieu de journée, quand les panneaux produisent le plus. Un gestionnaire d’énergie ou une simple minuterie suffit pour automatiser ce décalage.
Exemple concret : une maison de 3 kWc à Lyon peut passer de 50 à 70 % d’autoconsommation en décalant chauffe-eau et lave-linge sur les heures de production solaire. Le gain annuel supplémentaire représente 100 à 150 euros par an.
Ajouter une batterie de stockage
Une batterie solaire stocke le surplus de la journée pour le consommer le soir ou la nuit. Elle peut faire monter le taux d’autoconsommation à 70 ou 80 %, voire davantage. C’est la solution la plus efficace techniquement, mais aussi la plus coûteuse : une batterie de 5 à 10 kWh représente entre 4 000 et 8 000 euros supplémentaires et allonge la durée de retour sur investissement.
En 2026, la batterie est particulièrement pertinente pour les foyers dont la consommation est très décalée par rapport aux heures de production (mode de vie nocturne, nombreuses consommations le soir).
L’autoconsommation collective
Pour les logements en immeuble ou les quartiers avec une production partagée, des dispositifs comme Quartier Solaire (EDF Solutions Solaires) permettent à plusieurs foyers de partager une production solaire locale. Ce mode encadré n’implique pas de vente directe entre particuliers, mais optimise la consommation collective de l’énergie produite sur place.
Quelles démarches pour commencer à revendre son surplus ?
Le processus est bien balisé. L’essentiel peut être géré par votre installateur RGE, qui prend généralement en charge l’ensemble des démarches administratives.
Les étapes clés sont les suivantes :
- Déclaration préalable en mairie (formulaire Cerfa n°13703) : obligatoire avant tout commencement de travaux en toiture.
- Installation par un professionnel certifié RGE : condition indispensable pour accéder au contrat EDF OA et aux aides.
- Raccordement Enedis : demande en ligne sur le portail Enedis. Enedis installe ou configure votre compteur Linky pour mesurer les injections.
- Attestation Consuel : certification de conformité électrique, obtenue en environ vingt jours.
- Signature du contrat EDF OA : formalisation du rachat à tarif fixe pour 20 ans.
Le délai global entre la décision et la première injection rémunérée est généralement de 4 à 6 mois. Votre installateur peut lancer plusieurs démarches en parallèle pour réduire ce délai.
Quelle est la fiscalité sur les revenus de revente ?
Les revenus issus de la revente du surplus sont imposables, mais avec des conditions très favorables pour les particuliers.
- Installation de puissance inférieure ou égale à 3 kWc : exonération totale d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, sous réserve que l’installation ne soit pas raccordée à plus de deux points et qu’elle n’ait pas de finalité professionnelle.
- Installation de puissance supérieure à 3 kWc : régime micro-BIC avec abattement forfaitaire de 71 %. Seuls 29 % des revenus bruts sont soumis à l’impôt sur le revenu selon votre tranche marginale.
Dans tous les cas, la déclaration annuelle reste obligatoire, y compris pour les installations exonérées. Le formulaire à utiliser est le 2042 C PRO.
En conclusion : l’autoconsommation partielle, le meilleur équilibre en 2026
L’autoconsommation partielle avec revente du surplus est aujourd’hui le modèle qui combine le mieux économies sur la facture, revenus complémentaires et accès aux aides de l’État. C’est le choix que font 95 % des particuliers qui installent des panneaux solaires en France.
Ce qui fait vraiment la différence, c’est la capacité à optimiser son taux d’autoconsommation. Décaler les usages, ajouter un système de pilotage, envisager le stockage : chaque point de taux d’autoconsommation supplémentaire vaut cinq fois plus que le même kilowattheure revendu.
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*Information indicative et non contractuelle, dépendant notamment des conditions tarifaires du fournisseur d’électricité, de vos habitudes de consommation.
FAQ
Qu’est-ce que l’autoconsommation partielle avec revente du surplus ?
C’est un mode de fonctionnement dans lequel vous consommez en priorité l’électricité produite par vos panneaux solaires, et vous revendez à EDF OA (ou un autre acheteur agréé) la part que vous n’avez pas utilisée. Le tarif de rachat est fixe et garanti pendant 20 ans.
Combien rapporte la revente du surplus en 2026 ?
Pour une installation de 6 kWc avec un taux d’autoconsommation de 40 %, les revenus de revente représentent environ 150 à 200 euros par an. Ces revenus s’ajoutent aux économies réalisées sur la facture grâce à l’autoconsommation, qui sont généralement trois à cinq fois plus élevées.
Peut-on passer de l’autoconsommation totale à l’autoconsommation avec revente ?
Oui, sous conditions. Si vous avez une installation en autoconsommation sans contrat de revente, il est possible de souscrire un contrat EDF OA a posteriori. Les démarches passent par Enedis pour adapter le raccordement, puis par EDF OA pour signer le contrat. Renseignez-vous auprès de votre installateur ou directement auprès d’EDF OA.
La revente totale est-elle encore possible pour les particuliers ?
Depuis le 28 mars 2025, la revente totale n’est plus accessible aux installations de 9 kWc ou moins via le guichet ouvert. Au-delà de 9 kWc, elle reste possible mais avec des tarifs moins attractifs que l’autoconsommation avec revente du surplus. Pour les particuliers résidentiels (installations de 3 à 9 kWc), l’autoconsommation partielle est le seul modèle disponible en obligation d’achat.
Dois-je déclarer les revenus issus de la revente même s’ils sont faibles ?
Oui. La déclaration est obligatoire quelle que soit la somme perçue. Si votre installation fait 3 kWc ou moins et remplit les conditions d’exonération, vous les déclarez dans la case “revenus exonérés” du formulaire 2042 C PRO. Au-delà de 3 kWc, vous déclarez le montant brut en micro-BIC avec abattement automatique de 71 %.
Quelle est la différence entre le taux d’autoconsommation et le taux d’autoproduction ?
Le taux d’autoconsommation mesure la part de votre production solaire que vous consommez vous-même. Le taux d’autoproduction mesure la part de votre consommation totale couverte par votre production. Les deux sont complémentaires : un foyer peut avoir un bon taux d’autoconsommation mais un faible taux d’autoproduction si l’installation est de petite puissance par rapport à sa consommation.
La prime à l’autoconsommation est-elle imposable ?
Non. La prime à l’autoconsommation versée par EDF OA n’est pas soumise à l’impôt sur le revenu et n’a pas à être déclarée comme revenu.
Peut-on cumuler un contrat EDF OA et une batterie solaire ?
Oui, dans la configuration autoconsommation avec revente du surplus. La batterie stocke votre excédent pour le consommer plus tard. Le surplus qui reste après la décharge de la batterie est injecté sur le réseau et racheté par EDF OA. En revanche, les offres de batterie virtuelle (stockage virtuel chez un opérateur tiers) sont souvent incompatibles avec un contrat OA simultané. Vérifiez les conditions avant de combiner les deux dispositifs.
Ressources officielles
- EDF Obligation d’Achat (EDF OA) : conditions du contrat de rachat et tarifs en vigueur
- Service-Public.fr : tarifs de vente du surplus d’électricité solaire
- Enedis : demande de raccordement pour les producteurs photovoltaïques
- ADEME : avis sur l’autoconsommation individuelle photovoltaïque
- Photovoltaique.info : grilles officielles des tarifs et primes CRE
